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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 20:19

Note de l'auteur:

 

Ce texte, est le développement d'un premier, que j'ai rédigé à la base dans le cadre d'un jeu de "défis" proposés par la communauté "Croqueurs de mots", dont le thème avait été lancé sur la valise.

 

Mon imagination s'est emballée, et l'enthousiasme reçu en cadeau par vos commentaires m'a donné l'impulsion d'en faire une suite.

 

Que voulez-vous... je m'éclate à faire ça... alors pourquoi s'arrêter en si bon chemin? :)

 

Premier texte ici:

Défi des Croqueurs n°61: Valise-surprise

 


 

Je bouillonnais, et toute ma connaissance de mon métier et de ses risques ne m'avaient jamais laissé entrevoir que je serais dans cet état si quelque anecdote du genre m'arrivait...

 

J'avais surtout les nerfs que cela ait atteint Amandine, même si, pour le coup, ma chère et tendre avait mieux réagi que moi, une fois essuyés les affres de l'ébahissement (environ une demie-heure), puis la montée d'adrénaline (une heure et demie, là-dessus, j'aurai parié ma chemise qu'elle battrait des recordss), et enfin l'abattement (trois heures à s'en remettre).

 

Maintenant, son instinct de survie la poussait à se prêter au jeu, et, à le faire, elle le ferait dans les meilleures conditions possibles. Elle s'était donc mise en tête d'explorer à fond le contenu et... son potentiel. Elle s'amusait à tester les vêtements et accessoires fournis, et à les (dés)assortir. Elle poussait des fous rires à connotation nerveuse lorsqu'elle regardait les résultats dans le grand miroir de la salle de bains. Et ça me portait sur les nerfs. Méchamment. J'avais envie de brûler tout ce fatras, mais je savais que j'allais devoir jouer les touristes stupides pour protéger la douce peau de ma femme.

 

C'est ainsi que, le lendemain, nous nous rendions à la salle de déjeuner pour avaler un café, accoutrés avec ce qu'il y avait de plus classe dans les valoches, un costard en lin élégant pour moi, et une robe un peu courte mais très jolie pour elle. Les parfaits touristes qui se la pètent. J'avais horreur de ça, je voulais de la tranquillité et je me retrouvais à faire le dandy au milieu d'une salle remplie de bermudas et jean's.

 

Nous avions, juste avant de nous coucher, étudié le parcours que nous aurions à faire. Une première virée nous menait dans "la" ville située à une vingtaine de kilomètres de là, et nous comptions décoller dès le p'tit déj' englouti.

 

Dieu ce qu'il faisait chaud. Le taxi nous avait embarqués, et nous faisions semblant de regarder une carte du pays pendant qu'il nous observait à la dérobée. Je savais qu'on serait repérés par tous les habitants du cru, dont l'oeil était bien exercé au repérage ô combien utile à leurs métiers du tourisme.

 

Les paysages étaient superbes. Dommage, je n'avais pas vraiment envie d'en faire des photos-souvenirs, qu'Amandine aurait pu ensuite "travailler" en dessin, comme elle aimait le faire. 

 

Nous étions descendus sur une place qui n'avait rien de quelconque. C'était grandiose, et moi, je m'attendais au pire... Nous commencions par un repérage du centre-ville. Ses bâtiments, ses ruelles, ses coins stratégiques, ses quartiers mal famés. Une visite qui virait au marathon, et, avec mes mocassins petit-bourgeois, j'en avais ras-les-pattes.

 

Il fallait qu'on fasse deux ou trois établissements, et qu'on consomme de nombreux verres, pour avoir l'air de ce dont on devait avoir l'air. Sup'air...

 

Tout payer en espèces, pour montrer qu'on appartenait à une certaine espèce...

 

On était claqués dès midi. On s'était arrêtés dans un pseudo-bâtiment historique, une sorte de piège à touristes friqués, pour déjeuner. On nous traîtait avec une serviabilité digne des pompes funèbres générales, c'était le pied. On réussit pourtant à se marrer de connivence et à apprécier les plats chiches mais néanmoins délicieux.

 

Ensuite, nous étions partis vers le fameux quartier ambigu qu'un mot dans notre livre touristique nous avait indiqué. J'avais peur d'être repéré, je commençais à être vaguement connu sur le continent, et le gugusse risquait de se souvenir de ma trombine. Mon point d'espoir était ma gueule trop banale, et le fait que je passais mon temps, justement, à entretenir cet aspect-là de ma personne.

 

Aujourd'hui, j'avais toutes mes chances de passer inaperçu, car trop voyant.

 

On était entré dans le bar-restau, QG de la cible. Evidemment, on n'était pas les seuls touristes à vouloir s'encanailler, donc on ne nous regarda que comme une éventuelle aubaine commerciale. La cible était en vue, et je faisais en sorte de sembler vaguement enivré afin de me fondre dans la masse. Ca tombait bien, je me sentais comme tel, après les nombreux arrêts que nous avions faits dans les bars panoramiques.

 

J'avais enclenché le micro et l'enregistreur, et, comme d'habitude, je savais que le plus gros du boulot serait ce soir, quand il me faudrait écouter la bande, alors que la retombée d'adrénaline viendrait me foutre K.O.

 

Pour le moment, j'entravais que dalle, à part la musique et le brouhaha général qui règne dans ces lieux-là.

 

Amandine avait très vite repéré qu'on pouvait dîner sur réservation, et elle prit les résas pour le soir. L'après-midi avançait, et il fallait qu'on sorte se balader avant d'y revenir se gaver. Et j'étais déjà gavé.

 

On pouvait enfin redevenir nous-mêmes, le temps d'une promenade dans ce quartier populaire. J'appréciais de trouver le romantisme sincère de nos errances, main dans la main, à travers les ruelles anonymes. Nous deux, l'un contre l'autre, mais surtout l'un et l'autre contre tout le reste. Elle assurait, alors que je craignais pour sa vie.

 

Le matin, elle m'avait demandé de "me faire beau", et je m'en étais offusqué avec amusement. Je savais qu'elle serait toujours là, même si mes traits certains jours étaient ceux d'un basset qui a trop vécu. La fin d'après-midi était douce, et ça me filait un regain d'énergie pour la soirée d'abord festive, puis studieuse, qui nous attendrait.

 

Peut-être allions-nous passer quand même des vacances exceptionnelles? Nous les avions tant attendues, tant prévues, tant rêvées, que nous ferions tout pour, c'était sûr... Et même si un enrobé têtu nous dictait notre programme, il n'aurait jamais aucun pouvoir sur nos rires, ça aussi, c'était sûr...

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Published by Vert-de-Grisaille - dans Série: La valise-surprise
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