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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 21:31

 

Retrouvez l'épisode précédent sur les pages de Mathieu Jaegert:

http://www.welovewords.com/documents/deux-droles-doiseaux-deux-droles-de-plumes-dixieme-note

Et, avant que Mathieu ne lise cette missive, j'ai un message personnel à lui adresser...

 

021

 

 

Mon cher Mathieu,


Figure-toi que j'ai pensé à toi, et que, de ma virée à Bruxelles, je t'envoie cette photo, véritable trophée.

 

Eh oui!

 

Mathieu!

 

Regarde!

 

L'élan était bel et bien à Bruxelles!

 

 

 

 


 



 

 

« Cher Mathieu,

 

Si mon félin domestique pouvait parler, je crains qu’il ne te raconterait rien qui ne puisse t’avancer.

 

Déjà, parce que les chats aiment se moquer du monde par des sourires mi-figue mi-raisin, sans raison, en toutes saisons.

 

Ensuite, parce que figure-toi que le jeu préféré de ce chat est le trampoline bien trempé sur le ventre pourtant non proéminent de mon tendre élan. Au milieu de la nuit, bien entendu, car chacun sait que les fieffés félins vivent à partir de minuit, et pas qu’à la mi-août.

 

Donc, entre deux bonds de leste chat, j’essaie de sauter des œufs coques à l’âne – euh, non, pardon, à l’élan ! Oups, je vais vexer quelqu’un… A ma décharge, il faut noter que l’âne, dans mes origines ethniques provenant de l’Etna, est un animal très proche de l’homme et considéré comme un véritable compagnon. Ne mélangeons donc pas les sens, nous sommes loin de l’âne bâté, bien qu’il tienne le mât, et que toi, le Mat’, tu ne le tiennes pas encore.

 

Revenons-en à nos enchanteurs chantiers voyageurs. Qu’as-tu ramené d’Alsace dans ta besace ?

 

Je n’ai pas fait le voyage à la nage, toute sirène que je suis, car la voie ferrée et celle de la raison m’ont indiqué que le train m’emmènerait à Bruxelles avec plus d’entrain. J’entrais donc dans cette ville matinalement, en plein désarroi d’un dimanche étanche à la vie.

 

J’usais des pieds, et des chaussettes, et des souliers, tout au long de mon échappée dans la belge capitale. A tel point qu’aujourd’hui encore, mes orteils crient « Grâce » ! Et peut-être « Grasse ! » aussi, car le régime alimentaire ne fut pas des plus élémentaires.

 

Nous vîmes dans cette ville des bâtiments royaux, et des gens dont l’amabilité est un joyau. Nous étions loin de l’ambiance parisienne et parfois hautainement patricienne.

 

Bref, tout ceci fut charme, et le retour nous fut vacarme. Ramer dans les rames de métro, ramper dans les logements exigus, où l’espace n’est plus grand qu’un exergue…

 

Sur ce, mon Ami, je te redonne la plume, avant de me faire lourde comme une enclume.

Et, en attendant ta réponse fraîche comme l’agrume,  je te souhaite d’éviter les rhumes.

Bien à toi,

Ton amie dans la lune,

Vert de Grisaille »

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Published by Vert-de-Grisaille - dans L'entomologie du cafard
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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 21:50

Mes amis cafards et moi-même faisons d'étranges observations chez vous autres les humains. Vous ne le saviez pas? Tiens donc. Pourtant, il y a quelques années de cela, nous vous avons envoyé une déclaration en bonne et due forme afin de bien nous faire comprendre.

 

Je sais que vos esprits surchargés d'humains sont sujets à oublier tout ce qui semble petit à vos yeux, je me fais donc un devoir de vous rappeler à quelle occasion nous avions communiqué notre déclaration. Elle est ici: link.

 


 

Il y a une notion vraiment spéciale chez vous les humains. Ca s'appelle l'espoir.

 

J'ai longuement écouté tout ce que j'entendais à ce sujet, pour bien cerner ce que c'est.

 

Mon premier constat, c'est que ce n'est pas du tout évident à définir.

Mon second constat, c'est que ce n'est pas un objet de plaisir immédiat. C'est une sorte de "croyance" que tout ira comme vous le voulez.

J'ai du mal à vous comprendre. Moi, aujourd'hui, je profite de ma vie de cafard, bien installé là où je suis. J'ai de quoi manger, de quoi converser avec des compatriotes cafards, de quoi m'amuser en vous observant. Ca me suffit. Quand j'ai une douleur, j'ai mal, et je ne me dis pas qu'elle sera partie le lendemain. Je me contente d'attendre la guérison.

 

Ma taulière, là-dessus, elle est plus cafard femelle qu'humaine. Elle en a souvent discuté avec ses congénères humains, mais ils ne se comprennent pas vraiment bien là-dessus.

 

J'entends souvent les mots "pessimiste" dans la bouche des humains avec lesquels elle communique, et plutôt "réaliste" dans la sienne.

Je m'aperçois que parfois, elle a mal. Pas de la même façon qu'un mal à une patte ou à un organe, mais elle a mal quand même. Alors elle est mal. Elle ne pense pas "espoir", elle dit "ça ne va pas". Ce qui l'amène à s'énerver contre ceux qui disent qu'elle doit garder espoir.

 

Heureusement, vous n'êtes pas tous dans ce culte de l' "espoir". Parmi celles et ceux qui ressemblent à Charlène sur ce point-là, il y a Ana.

 

Ana est très différente de ma taulière, dans son mode de vie. Elle a tout ce que n'a pas ma taulière.

Pourtant, contrairement à d'autres sortes d'humains, qui se jalousent et ne supportent pas leurs différences, Charlène et Ana aiment passer des heures à discuter.

J'ai bien écouté leurs discussions, et même quand elles parlent des douleurs de ma taulière, ça se termine souvent en rires. Quelque part, Ana, en acceptant autant Charlène que Charlène accepte leurs différences, amène à elle toute seule un peu de cet "espoir". Elle permet à Charlène de s'échapper un peu de ses pensées douloureuses sans pour autant "s'ignorer" - un des loisirs principaux de l'espèce humaine, dirait-on. Ce n'est pas tout à fait de l'espoir, donc, mais ça semble contribuer au bien-être de ma colocataire humaine, et ça se rapproche un peu de cette notion.

 

Il y a quelques jours, Ana est passée voir Charlène, et lui a raconté quelque chose. Ana a parlé de Charlène à une personne pouvant l'aider sur un élément matériel dont elle a besoin.

 

Charlène s'est mise à parler un peu plus de demain et d'espoir depuis. Que voulez-vous? Même un humain très "cafard" reste un humain...

 

 

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Published by Vert-de-Grisaille - dans L'entomologie du cafard
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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 21:15

Ndlr: pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu l'occasion de les lire, ce sont les nouvelle de Warfair Eat Hell (link) qui m'inspirent les articles "cafard". Cet insecte est sa création, et je le lui "emprunte" avec son accord et sa validation, car j'ai envie de "propager" la tonalité humaniste de cette façon d'écrire.

 


 

Depuis qu'un ami, cafard tout comme moi, diffuse autour de lui des petites "chroniques" de son existence auprès des humains, j'ai décidé de tenter d'analyser ce que je vois, car ses observations du monde humain sont assez fascinantes.

 

Je vous ai déjà parlé de Charlène, c'est chez elle que j'ai élu domicile pour quelques temps.

 

Elle a des périodes de tristesse infinie, qu'elle trouve trop contagieuses. Alors elle s'isole et devient encore plus triste.

 

C'est dans cet état que je l'ai trouvée hier, quand j'ai jeté un oeil furtif vers elle. Ca fait plusieurs jours que cela dure, et je la vois tourner en rond. On dirait un animal perdu.

 

Aujourd'hui, je m'attendais au pire, étant vendredi. Il faut dire que ses week-ends, elle les passe en partie à assumer des contraintes que vous autres, humains, vous imposez, ou bien à passer le temps comme elle peut. C'est rassurant pour moi, le cafard domestique (entendez par là "à domicile" et non "domestiqué"), car au moins, je vis au chaud.

 

Pourtant, contre toute attente, je l'ai vue ce matin se lever avec une certaine bonne humeur, et même prendre plaisir à passer du temps devant un miroir. Un miroir est un objet que vous utilisez beaucoup, vous, les humains, pour, semble-t-il, vérifier ce qu'est votre apparence. C'est une notion tout à fait abstraite pour les cafards, mais j'ai appris à ne plus me poser de question sur vos habitudes. C'est trop éloigné de ma mentalité.

 

Toujours est-il que Charlène a même chanté. Ca lui arrive peu ces derniers temps, ou alors sur des sons qui hurlent du désespoir. Ca aussi, c'est encore une notion abstraite pour les cafards, mais il paraît que vous comprenez très bien ce que je veux dire, je ne vais donc pas vous définir toutes les notions humaines, ça prendrait toute une vie.

 

Non, aujourd'hui, elle chantait des sons plus harmonieux. Elle semblait rassérénée.

 

Je sais qu'hier soir, à travers son ordinateur, elle a discuté avec Ben. Et il se passe quelque chose d'étrange quand Ben se manifeste: Charlène n'est plus du tout la même. A croire qu'un seul individu change littéralement la donne sur le quotidien d'un de ses congénères.

 

Ce qui me surprend et me surprendra toujours, moi, cafard, c'est qu'il y a des humains qui veulent une présence, et n'importe laquelle, pourvu qu'ils ne soient pas seuls, et d'autres, qui ne supportent pas grand-monde, mais s'attachent comme des fous aux quelques personnes qui les touchent... Charlène appartient à cette dernière catégorie. Et, quand ces personnes ne sont pas là, elle n'arrive pas à peupler sa vie, et encore moins à l'occuper avec des relations sociales.

 

Alors que nous, cafards, vivons toujours en groupe, tout en menant notre barque de façon individuelle...

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Published by Vert-de-Grisaille - dans L'entomologie du cafard
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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 22:55

Ndlr: le cafard est un personnage emprunté à un ami. Je suis fan de ses nouvelles, et je lui ai demandé l'autorisation de m'en inspirer pour écrire ce texte. Si cela vous plaît, allez donc voir l'auteur original de cette bestiole. C'est Warfair Eat Hell (link), vous m'en direz... des nouvelles!

 


 

J'ai un ami de jeunesse, cafard tout comme moi, qui m'envoie de temps à autres des petites "chroniques" de son existence auprès des humains. Il fait de l'entomologie, de la même façon que vous autres, grands individus à la peau rosâtre, mais il ne se laisse pas étudier: c'est lui qui vous étudie.

 

Ses histoires m'ont inspirées. Je crois que je commence à regarder votre voisinage d'un autre oeil. Je vais poser cela par écrit, car, je pense, les choses prennent plus de sens quand on doit y mettre des termes justes, surtout avec vous autres humains...

 

Vous ne connaissez pas encore Charlène. C'est à sa proximité que j'ai élu domicile, et, ma foi, j'aime bien sa naïveté. Elle ne me voit pas, je crois que si elle me savait là, elle m'occirait. Elle n'est pourtant pas méchante. Mais hargneuse. Elle craint les intrusions. Elle vit, d'ailleurs, très isolée. Elle se méfie. Elle aime certaines personnes, mais elle n'aime pas plus que moi l'humanité en règle générale. C'est peut-être pour cela que j'ai envie d'essayer de la comprendre... Elle me ressemble, insecte parmi les insectes, insignifiante, tapie dans l'ombre, de peur qu'on lui fasse du mal.

 

Ce soir, Charlène avait de la visite. C'est assez exceptionnel pour que je le note. Elle n'ouvre sa porte qu'à ses livreurs, sa famille, ses voisins, ses rares amis. Celui de ce soir, je ne l'ai jamais vu. Ce doit être un nouvel ami.

 

En tout cas, dès qu'il est arrivé, la musique a été mise en sourdine, et les paroles étaient entrecoupées de silences éloquents. Je crois qu'ils s'aiment "bien", comme vous dites. Les propos étaient lourds, de sens, car les vies de l'un et l'autre semblent bien complexes en vécu. Mais ils ont réussi à laisser tout ça de côté. Et j'ai l'impression, que c'est ça leur problème. Ils ne sont pas du style, ni l'un ni l'autre, à garder les deux pieds dans le même sabot. Ils font de leur vie une amélioration permanente, et d'être l'un face à l'autre, ça a simplifié le tout, par magie.

 

Pourtant, ils n'ont pas poussé cette magie à son paroxysme. Elle a son barrage, la Charlène. Elle sait ce qui est bon ou mal pour elle, alors elle fait attention. Là, elle ne se méfie pas de Ben, mais elle se méfie de la situation. Comme lorsque les souris de labo n'osent plus manger si on leur a administré trop souvent des décharges électriques à chaque morceau de nourriture attrapé, Charlène reste dubitative devant des situations qu'elle a déjà vécues. Et ça la rend triste, car elle aurait préféré ne pas les vivre, ces situations, pour profiter pleinement du moment présent.

 

Bref, c'était assez comique, pour moi, cafard, de les regarder se tourner autour, deux adolescents qui n'osent pas faire le premier pas. Ils ont franchi, un tout petit pas. Mais ils se sont séparés sans avoir enlevé leurs vêtements. J'ai pas l'impression que Charlène me laissera facilement examiner la reproduction des humains...

 

Mais, à ce que j'ai vu ce soir, je suis certain d'une chose... Charlène a beau ressembler parfois à une souris de laboratoire, terrorisée, elle sait que tous les individus ne sont pas des sadiques qui lui feront du mal. Même s'ils la mettent dans le même labyrinthe, ces savants n'ont pas tous le même comportement. Et c'est une bonne chose qu'elle le sache. Les schémas peuvent être les mêmes, si les mains qui les dessinent sont différentes, et si les yeux qui les voient sont autres aussi, on peut obtenir des résultats complètements inattendus.

 

Bien entendu, ce n'est que parole de cafard... Les points de vue des humains, eux, sont bien plus complexes...

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