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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 16:51

J'avais fait Paris-Brest en train, mais c'était en voiture que j'avais réalisé le trajet du sud à la pointe bretonne.

 

Le ciel s'obscurcissait déjà, et j'étais sur les rotules. Mille trois-cents bornes, ça use, ça useuuu...

 

Je n'avais pas d'autoradio, mais j'avais mis un poste de récup' sur le siège passager.

 

Ma vieille compagne, la minette, aussi claustrophobique que moi, n'avait pas bien supporté de rester dans la boîte de transport, je la laissais donc libre d'aller à sa guise dans l'auto. Elle s'amusait à poser ses pattes arrières sur mes genoux, les pattes avant, elles, en mode "empreinte" sur la vitre conducteur, le bout du museau sur le filet d'air que je laissais entrer, elle regardait les autres voitures. A elle toute seule, elle était l'animation du trajet. Je lui parlais, elle m'écoutait. Complicité d'années passées l'une avec l'autre, plus proche de moi que ne l'avait été aucun humain.

 

Les quartiers de Brest m'étaient fraîcheur. J'aimais déambuler, me disant que je commençais ma vie.

 

Mais en réalité, ça n'avait pas été tout à fait ça. Enfin, si, un peu, au début. Puis, tout m'avait rattrapée, d'un coup.

 

Les années de galère, de solitude, m'avaient laissé trop de séquelles pour que je puisse vraiment espérer, un jour, m'intégrer dans un quelconque groupe social. Ca ne fonctionnait pas. J'étais trop loin de leurs petits soucis, petites habitudes, petits préjugés. Exit la "revival attitude". Je n'avait rien à foutre là, ni ailleurs, d'ailleurs.

 

Quand j'eus perdu ma féline compagne, j'eus perdu aussi mes bons souvenirs avec. Tout ce que j'avais vécu n'était plus. Celle qui avait partagé le plus de temps forts avec moi, mes galères et mes rares joies, m'avait abandonnée, et je n'avais plus "ma" stabilité.

 

Brest-Avignon. Retour chez la matriarche, fuir cet endroit où j'étais venue avec espoir, et partie avec dépit. Retrouver juste l'individu le plus proche de moi, après ce chat.

 

On me demande parfois de parler de Brest, parler de ses habitants, parler de sa vie, je n'y arrive pas. Cette ville, charmante au début, fut aussi l'amorce d'un retour à la bonne vieille errance sans chance. Je n'avais pas avalé ce Paris-Languedoc-Brest, et je n'allais pas mieux avaler ce Brest-PACA-Est-Paris que la vie allait m'imposer.

 

Laissez-moi me marrer, maintenant, quand certains n'ont que le mot "voyage" à la bouche, et dénigrent en revanche tout changement à leurs petites habitudes, un déménagement, un changement d'emploi, un divorce, un éloignement d'amis.

 

Laissez-moi me marrer...

 

 

Texte inspiré après écoute nostalgique de la chanson "Brest" de Miossec.

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Published by Vert-de-Grisaille - dans Philo de "contoir"
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