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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 09:42

Mon sang n'est pas bleu.

Il n'est pas d'encre.

 

Perdue dans des semblants, j'ai l'impression d'avoir le sang blanc.

Brumeux, comme une absence.

 

Dans les vapeurs de la vie, je respire une âcre fumée de trop-vu, trop-entendu. Et cet air-là ne m'ancre pas.

 

Je voudrai dégager ces volutes, revoir le carmin vivace sur mes joues et mes jours.

 

Admirer un ciel cyan, non chiant, non chien.

 

Voir le vert d'espoir, vert yeux-de-chat, vert utile non versatile, vers hâtifs, vers quelque part...

 

Vert-idique, vert idyllique.

 

Noirceur d'âme. Dans le sang blanc. Contraste épidémique épidermique. Le derme fait "Hic!" et s'hérisse, rosse, de poils noirs sur le rose peau, dos ployé comme un roseau sous les caprices du vent.

 

Majestueux magenta, mage de la joie, qui colore les pommettes des passants, à admirer sans fin et sans faim, à l'abri de sa solitude au sol.

 

Au sol. Etape. Et tape. Tape-à-l'oeil, tapie, reniflant le tapis, nez au parterre, image tapir.

 

Par terre, de feu, follet. Rouge encore.

 

Primaires, couleurs.

Par Vert-de-Grisaille - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 21:31

 

Retrouvez l'épisode précédent sur les pages de Mathieu Jaegert:

http://www.welovewords.com/documents/deux-droles-doiseaux-deux-droles-de-plumes-dixieme-note

Et, avant que Mathieu ne lise cette missive, j'ai un message personnel à lui adresser...

 

021

 

 

Mon cher Mathieu,


Figure-toi que j'ai pensé à toi, et que, de ma virée à Bruxelles, je t'envoie cette photo, véritable trophée.

 

Eh oui!

 

Mathieu!

 

Regarde!

 

L'élan était bel et bien à Bruxelles!

 

 

 

 


 



 

 

« Cher Mathieu,

 

Si mon félin domestique pouvait parler, je crains qu’il ne te raconterait rien qui ne puisse t’avancer.

 

Déjà, parce que les chats aiment se moquer du monde par des sourires mi-figue mi-raisin, sans raison, en toutes saisons.

 

Ensuite, parce que figure-toi que le jeu préféré de ce chat est le trampoline bien trempé sur le ventre pourtant non proéminent de mon tendre élan. Au milieu de la nuit, bien entendu, car chacun sait que les fieffés félins vivent à partir de minuit, et pas qu’à la mi-août.

 

Donc, entre deux bonds de leste chat, j’essaie de sauter des œufs coques à l’âne – euh, non, pardon, à l’élan ! Oups, je vais vexer quelqu’un… A ma décharge, il faut noter que l’âne, dans mes origines ethniques provenant de l’Etna, est un animal très proche de l’homme et considéré comme un véritable compagnon. Ne mélangeons donc pas les sens, nous sommes loin de l’âne bâté, bien qu’il tienne le mât, et que toi, le Mat’, tu ne le tiennes pas encore.

 

Revenons-en à nos enchanteurs chantiers voyageurs. Qu’as-tu ramené d’Alsace dans ta besace ?

 

Je n’ai pas fait le voyage à la nage, toute sirène que je suis, car la voie ferrée et celle de la raison m’ont indiqué que le train m’emmènerait à Bruxelles avec plus d’entrain. J’entrais donc dans cette ville matinalement, en plein désarroi d’un dimanche étanche à la vie.

 

J’usais des pieds, et des chaussettes, et des souliers, tout au long de mon échappée dans la belge capitale. A tel point qu’aujourd’hui encore, mes orteils crient « Grâce » ! Et peut-être « Grasse ! » aussi, car le régime alimentaire ne fut pas des plus élémentaires.

 

Nous vîmes dans cette ville des bâtiments royaux, et des gens dont l’amabilité est un joyau. Nous étions loin de l’ambiance parisienne et parfois hautainement patricienne.

 

Bref, tout ceci fut charme, et le retour nous fut vacarme. Ramer dans les rames de métro, ramper dans les logements exigus, où l’espace n’est plus grand qu’un exergue…

 

Sur ce, mon Ami, je te redonne la plume, avant de me faire lourde comme une enclume.

Et, en attendant ta réponse fraîche comme l’agrume,  je te souhaite d’éviter les rhumes.

Bien à toi,

Ton amie dans la lune,

Vert de Grisaille »

Par Vert-de-Grisaille - Publié dans : L'entomologie du cafard
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Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 18:39

L'épisode "Huitième" est ici

 

 


 

« Cher Mathieu,

 

Je viens par cette missive prendre des nouvelles de ton périple alsacien. Ainsi, tous deux nous dirigeons vers l’est ce week-end. C’est dommage que nos routes ne se croisent, tu aurais pu trouver un élan sur ton chemin.

 

Dans mes préparatifs pour le voyage vers la belge capitale, je m’interroge de façon capitale sur mes bagages. Ceux de mes effets personnels mais aussi ceux de ma culture : quelle lecture ? Quelles hardes ? Voici une question hard !

 

J’espère que, pendant que, de tes serres de prédateur, tu te rapproches de l’élan, je pourrais, de mon côté, visiter les serres royales. Ce sera mon « dessert », la « cerise sur le gâteau », de la visite de la chocolatée Bruxelles. Car j’espère bien faire provision de ce cacao en carrés, avant d'avoir vu les luxuriants jardins.

 

Cette escapade me sera évasion d’esprit. Est-ce pris pour l’avenir ? Oui.

 

Et toi, esprit aiguisé, es-tu là ? Tapes un coup pour oui, deux coups pour non. Quoique, ne tapes pas trop fort, tu pourrais faire de ton clavier une charpie, comme broyé par un char, pis, encore, peut-être !

 

J’imagine aujourd’hui, si nos mots imagés, étaient sur du papier imprimé. J’y verrai bien un échange calligraphié, cals aux doigts et encre dans les ongles. Papier vélin et cacheté par ruban de velours, mais sans que de veules ours ne hantent les chemins pour les messagers transbahutant nos rouleaux écrits.

 

Et, puisque l’on se rapproche des animaux des bois, je me mets aux abois pour retrouver la douce musique, hautbois d’amour, de mon cher et tendre cervidé, en espérant que son trajet jusqu’à chez moi ne l’ait pas transformé en cerf vidé !...

 

Bien à toi,

Ton amie dévouée,

Vert de Grisaille »

 


Merci de guetter la suite sur le profil de Mathieu Jaegert!

Par Vert-de-Grisaille - Publié dans : Correspondances
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 17:52

Le miroir lui parlait.

 

Oui, réellement. Elle y trouvait un reflet déformé, qui s'adressait à elle de la même façon que le miroir magique de la marâtre de Blanche-Neige.

 

Elle savait que ceci, comme le reste de sa vie, n'était que folie.

 

Que foutait-elle encore là, elle ne le savait... Mais elle y était. En plein dedans. Noyée, éteinte, la seule lumière qui s'allumait dans ses pupilles était celle de l'aliénation.

 

"Regarde-toi", lui disait la forme tordue qui lui faisait face.

 

Elle se sentait presque bien, là. Au moins, elle avait sa logique qui tenait debout, celle de sa douce folie, celle de ses états lamentables.

 

Elle n'avait qu'à s'y plonger, pour retrouver un monde connu, même s'il était affreux. Toutefois, elle le savait toujours moins affreux que les réalités constatées du monde comme il va.

 

Elle voulait se vautrer dans ce tourbillon, ce sable mouvant, et se laisser emmener. Que perdrait-elle? Juste la vision sur ce qu'elle n'avait pas eu, ce qu'elle surnommait "l'étincelle", que d'autres appelaient "bonheur" ou "bien-être". Ce truc qui fait qu'on se sent "dans sa vie" et pas dans celle que les autres vous ont choisie... Malheureusement, il fallait faire avec ces "choix des autres" qui, qu'on le veuille ou non, influent fortement sur ce qu'on réalise, ou non.

 

Elle savait qu'on pouvait toujours, toujours, réaliser quelque chose. Avec plus ou moins de brio, avec plus ou moins de soulagement. Mais elle savait que les choses relevant des sentiments humains, n'étaient rien sans les autres. S'il n'y avait personne pour insuffler un peu de vie, un peu d'espoir, tout était mort en soi.

 

Et elle regardait ce miroir, seule source de vie...

 

D'une vie qui défilait avec la lourdeur des minutes s'égrenant dans l'horloge déraillée qu'était sa tête...

Par Vert-de-Grisaille - Publié dans : Comment va le monde
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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 15:27

Retrouvez l'épisode précédent ici

 

 

 

"Cher Mathieu,
 
Je te sens largué et nargué par mon élan. Mais je vois que tu ne perds pas l'autre élan, celui qui t'incite à aller "toujours plus haut, toujours plus loin" sur la piste.
 
En parlant de piste, mes acrobaties littéraires sont bien sommaires en ce jour. A l'image de mon sommeil, en somme...

 
Ainsi, tu me demandes d'être aiguillé, et je crains de te mettre en pelote si je ne te donnes aucun fil à mettre dans le chas du chasseur... Tu es âpre à la négociation!
 
Entre deux brames, l'élan, que tu as qualifié d'anguille, rejoint une sirène chavirée. Cette sirène, c'est moi. J'ai navigué sur des terres inconnues, la tête hors de l'eau, noyée sous les cieux embrumés par les feuillages du bois. Car l'élan fut elfe, avant de se transformer en animal...
 
Cette métamorphose se fit au fil du temps, tricotée par le destin. A forer la forêt, l'elfe finit par se poser sur quatre pattes afin de mieux retrouver le plancher des vaches, et de dessiner sa destinée sur le chemin de la vie.

Je t'imagine brouillé et embrouillé par ce plat que je te sers... mais peut-être, depuis notre dernier échange, as-tu flairé de nouveaux indicibles indices. Un? Dix? Qu'en sais-je... J'aime ne dévoiler que petit à petit.
 
J'ai vu qu'entre deux missives, tu produis du texte, et du texte, et du texte... Je n'arrive pas à te suivre. Cela nous met donc sur un point d'égalité; tu déploies des mots, et je déploie des efforts pour les choper. Je t'envoie des éléments, et tu m'envoie tes affres forts pour trouver l'élan.
Quelle belle partie de tennis tenace!
Le Mathieu ne s'avoue pas encore maté, mais il mate en coin pour enlever la matité quant à l'élan.
La Vert de Grisaille essaie de cisailler à travers ta verte écriture, mais elle n'arrive à tenailler tes textes, même si elle s'é-vert-ue sans vertu, sans vice non plus.

Les lecteurs de passage, pas trop sages, voient ou non ce que présage la suite de l'échange. Des mots rigolos, des termes sans terme, des amphores de métaphores, des énigmes au énième degré, des monceaux de morceaux, le tout à assembler selon son gré? Probable...

A ton image, je suis dans l'impro des non-pros, dans le propos, sans à-propos. Je laisse l'inspiration traverser ma peau, jamais je ne l'appelle à l'appeau.

Dans ce jeu de mots à mots, je t'envoie un sourire, de connivence.
19
Et je te souhaite d'être dans l'avance, dans la danse, sur la lance, dans une transe, pour scander le prochain épisode de nos drôles de plumes, drôles d'oiseaux.
Bien à toi,



Vert de Grisaille"

 


 

La suite est à guetter sur le profil

de Mathieu Jaegert

 

 

Un grand merci à Brin.d'Amour.Photographie pour le prêt de sa photo.

Par Vert-de-Grisaille - Publié dans : Correspondances
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